Spiritualite-Pratique.com

Toutes les spiritualités

Spiritualité et confusion mentale :

 
 
Voilà un petit texte trouvé sur internet, venant d’une personne qui se déclare versée dans la spiritualité.

« J’irais prier dans un temple bouddhiste, j’irais chanter dans une synagogue, je tiendrais mes frères musulmans par la main dans une mosquée, je bénirais par mon amour et respect mes frères chrétiens, je danserais avec les laïcs, je me prosternerais devant le Taj Mahal. Et partout où j’irais, je serais au côté de Dieu. »
 
Ce texte, en soi, ne mériterait pas qu’on s’y attarde.
Mais il m’a semblé symptomatique de la confusion mentale qui règne parfois, dans le domaine de la spiritualité.
On remarque d’abord que ce texte est écrit au conditionnel, et non au futur.
Or le conditionnel est souvent le refuge des rêveurs qui n’agissent pas, à la différence du futur.
Globalement, ceux qui ne font rien parlent souvent au conditionnel. Il s’agit, le plus souvent, de déclarations d’intention, pour avoir une bonne image de soi.
En revanche, ceux qui utilisent le futur sont davantage dans l’action.

 

Examen des phrases de ce texte :

J’irais prier dans un temple bouddhiste : très bien. Je l’ai fait des dizaines de fois. Mais, dans son souci d’œcuménisme, l’auteur de ces lignes a oublié le culte hindou, c’est-à-dire des centaines de millions de personnes.
 
J’irais chanter dans une synagogue : cela suppose de connaître les chants juifs en hébreu.
 
Je tiendrais mes frères musulmans par la main dans une mosquée : se tenir la main est interdit dans les mosquées.
Ceux qui se tiennent la main en chantant sont les chrétiens.
Cette phrase rend évidemment très suspecte la réalité des actions de son auteur.

 
Je bénirais par mon amour et respect mes frères chrétiens : très bien. C’est une déclaration d’intention. Mais bénir n’est pas suffisant, quand tant de gens ont faim.
 
Je danserais avec les laïcs : à ma connaissance, les laïcs ne fêtent pas leur laïcité en dansant.
 
Je me prosternerais devant le Taj Mahal : le Taj Mahal n’est pas un lieu de culte. C’est le tombeau d’une femme. Affligé par la mort de sa femme, Shah Jahan fit assassiner la femme d’un architecte persan, afin qu’il ressente la même douleur que lui, pour être dans la disposition d’esprit qui convenait à cette construction. À la fin des travaux, il fit couper la main des milliers d’artisans qui avaient réalisé le tombeau, afin qu’ils ne puissent plus en construire un semblable.
À mes yeux, le Taj Mahal est un symbole de barbarie. Que pour honorer une seule femme, ce qui est très romantique, on puisse briser la vie de 20 000 artisans, leur femme et leurs enfants, me semble de la perversion mentale.
Raison pour laquelle j’ai toujours refusé de visiter ce monument, érigé sur tant de crimes.

 
Et partout où j’irais, je serais au côté de Dieu : là aussi, c’est gentillet. Cela suppose que les dieux uniques sont un seul Dieu.
Si, effectivement, d’un point de vue mystique, les dieux uniques méditerranéens sont semblables à Brahma, dans la réalité, les textes sacrés des différentes religions monothéistes sont tous en parfaite contradiction.
Quant à « être au côté de Dieu », cela sonne pour moi comme « Gott mit uns » ou « Allah Aghbar » : s’approprier Dieu, pour en faire un instrument de sa propre puissance, un domestique de son égo.

 
Mécanismes psychologiques de cette confusion mentale :
Je comprends que l’on puisse rêver d’une unité religieuse.
Pour les mystiques, le souffle divin est probablement le même.
Mais, dans la pratique, les mystiques sont prisonniers des religieux. Et cela, dans toutes les religions. Car les mystiques courent toujours le danger d’être déclarés hérétiques.
Ils doivent donc obtenir l’approbation des interprètes officiels des textes sacrés, qui sont les religieux.
Dans un pays très ouvert spirituellement, comme l’Inde, la notion d’hérésie existe à peine.
En revanche, dans les pays chrétiens, l’hérésie était dangereuse dans le passé.
Aujourd’hui, comme hier, dans les pays musulmans, l’hérésie fait courir un danger de mort.

 
La projection :
Une personne qui connaît les diverses spiritualités, ne peut que constater que c’est par ignorance que l’auteur de ce petit texte du début (en italiques) pose à une sorte d’amour universel.
Cela explique de graves contresens : prêter aux musulmans une pratique chrétienne montre une ignorance des rituels, mais aussi une ignorance de la spiritualité de ces deux religions.
Donc, l’auteur de ce texte projette une image intérieure, sans se soucier de la réalité des faits.
La spiritualité n’est pas un vague désir gentillet et mièvre. La spiritualité est un appel intérieur, et un engagement personnel, qui peut se vivre à l’intérieur d’une religion, ou en dehors de toute religion.
De même qu’il existe une politique bisounours, il existe une spiritualité bisounours.
Ce n’est pas parce que nous déclarons que le monde est bon, qu’il le devient.
Ce n’est pas parce que nous déclarons que toutes les religions sont équivalentes dans leur projet, qu’elles le deviennent.

 
Deux grandes tendances :

La réincarnation et la rédemption sont les deux principales options pour les croyants. Les athées, quant à eux, choisissent une troisième option : le néant.
Que l’âme se réincarne de vie en vie, ou qu’elle attende le jugement dernier, sont des concepts qui entraînent des croyances très différentes.
Les objectifs de la religion juive, chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste, sans oublier des milliers d’autres croyances sur terre, peuvent difficilement être considérés comme équivalents.
Et c’est cette fausse équivalence qui entraîne la confusion mentale.

 
Quelle est mon expérience ?

Bouddhisme : j’ai fréquenté des dizaines de lieux de culte bouddhiste. J’apprécie la philosophie bouddhiste. En Occident, c’est le bouddhisme tibétain qui est le plus connu. C’est une théocratie, qui est bien loin de représenter la totalité des différentes formes de bouddhisme.

 
Hindouisme : j’ai fréquenté des dizaines de lieux de culte hindouiste. J’ai toujours été bien accueilli. N’étant pas hindouiste, j’ai dû sortir une fois ou l’autre lors de certaines cérémonies. Mais, dans l’ensemble, j’ai trouvé dans le culte hindouiste la même dévotion que chez les chrétiens.
Que ce soit dans les temples de Krishna, de Vishnou, de Ganesh (le dieu éléphant), d’Hanouman (le dieu singe), ou d’autres divinités, j’ai rencontré une grande majorité de dévots et de croyants, et quelques rares mystiques.

 
Islam : j’ai fréquenté un peu la mosquée de Paris, dans les années 70, lorsque l’islam était plutôt nonchalant. Dans les années 80, j’ai aussi fréquenté des mosquées au Bangladesh. Là encore, l’intégrisme n’était pas dominant. Mais le fonds sectaire était déjà présent.

 
Judaïsme : je ne suis entré dans des synagogues que pour des cérémonies religieuses. J’ai trouvé l’ambiance très bon enfant et décontractée. Honnêtement, cela ressemble beaucoup aux églises…

 
Jaïnisme : j’ai participé à plusieurs pèlerinages et fêtes, jaïnes et hindouistes.

 
Christianisme : j’ai été louveteau, scout, enfant de choeur, et j’ai donc assisté à des centaines de messes catholiques.
J’ai également assisté à des dizaines de cérémonies religieuses dans des temples protestants, y compris tenus par une femme pasteur.
J’ai assisté à des dizaines de cérémonies dans différents groupuscules chrétiens, que ce soient de petites sectes sympathiques, les témoins de Jéhovah, les adventistes, etc.

 
Sikhisme : j’ai également assisté à une cérémonie Sikh dans le nord de l’Inde. Les adeptes ont même partagé avec moi la nourriture religieuse de leur culte. Il y avait, comme dans presque toutes les religions, un autel plus ou moins central.
Pourtant, les Sikhs voyaient bien que je n’étais pas l’un des leurs, puisque les hommes portent la barbe, et que leurs cheveux longs sont soigneusement dissimulés dans un turban très bien ajusté.

 
Zoroastrisme : j’ai vécu en Inde chez des Parsis (les Perses chassés de leur pays par les envahisseurs musulmans). Ils vénèrent Zoroastre, sous un portrait éclairé par une bougie ou une petite lampe électrique. Ils placent leurs morts dans les « tours du silence », afin que ceux-ci soient dévorés par les vautours.
Certains avestas attribués à Zoroastre sont tout simplement sublimes.

 
Un seul Dieu ?

Alors oui, suite à mes différentes expériences religieuses et spirituelles, j’admets volontiers que l’esprit de Dieu soit unique.
Malheureusement, les religions sont faites pour diviser les humains.
À part chez certaines personnes capables de voir Dieu en renonçant aux dogmes et aux rituels, la plupart des croyants sont prisonniers de leurs croyances.
Ils peuvent être bons ou mauvais, mais c’est un choix personnel, qui ne dépend pas de leur religion.
Évidemment, si la religion les incite à s’élever spirituellement, ils y parviendront mieux que si elle les incite à la haine et à la cruauté.

 
Ce n’est pas par la confusion mentale que l’on s’élève spirituellement.
Bien au contraire, la confusion mentale valide les textes, donc valide la division.

 
Je crois en l’esprit divin.
Mais je ne crois pas que la vérité divine soit enfermée dans les textes bouddhistes, dans les Védas, les Upanishads, la Torah, les Évangiles, le Coran, ou tout autre texte.

 
Il est tout de même remarquable que nous ne pouvons trouver aucune preuve de l’existence réelle des fondateurs des religions. Que ce soit Krishna, Zoroastre, Bouddha, Moïse, Jésus, ou Mahomet.
 
Trop souvent, la religion a capté à son profit la spiritualité.
Il existe de nombreuses formes de spiritualité profane, qui se passe complètement d’un Dieu unique ou de dieux.

 
Les religions et le mal :
Ce qui est le plus attristant pour un spiritualiste ou un mystique, c’est de constater l’échec de toutes les religions.
Les religions ont-elles supprimé la maltraitance envers les animaux ? Non. Au contraire, elles les ont souvent justifiés spirituellement.
Les religions ont-elles supprimé le mépris envers les femmes ? Non. Il existe des religions ouvertement machistes comme l’islam. Mais dans l’animisme, le bouddhisme, l’hindouisme, et plusieurs formes du christianisme, les femmes sont plus ou moins inférieures aux hommes.
La raison principale en est que les hommes se sont appropriés le pouvoir religieux, et ont donc rédigé des textes faisant parler Dieu en leur faveur, pour se dédouaner et justifier leurs privilèges.
Les religions ont-elles le supprimé la misère, l’exploitation des enfants, l’esclavage, la destruction de la nature, et la guerre ? Non.

 
Tant que les êtres humains préféreront le culte, les dogmes et les rituels, plutôt que l’expérience spirituelle, ils resteront dans la religion. C’est-à-dire dans la dualité, dans la non-unité, dans la séparation.
 
Il appartient à chacun de se libérer des dogmes.
Cela ne se fait pas en prétendant que tous les rituels se valent, ou que les religions sont différents langages pour exprimer la même réalité.
Cela se fait en remettant les dogmes et les textes sacrés à leur place : des inventions humaines, parfois sublimes et parfois démentes. Et qui surtout, ne nous dispensent pas de notre processus intérieur d’évolution.
La croyance, la foi, peuvent être de bonnes choses si ce sont des supports et des portes d’entrée, et non des finalités.
La croyance religieuse peut même être un frein à l’évolution spirituelle. La religion est la maladie infantile de la spiritualité.
À qui cherche la spiritualité, un seul conseil : se libérer de la gangue des croyances, pour atteindre le diamant de l’expérience.

 
 
Bernard Raquin
2 novembre 2012

 
 

existence-origine-Mahomet-prophete-islam

 
Un Juif nommé Mahomet

 
 
Pour vous procurer « Un Juif nommé Mahomet »
(indispensable pour qui veut comprendre les liens incestueux entre islamisme et terrorisme) :
 
Commandez « Un Juif nommé Mahomet » et payez par Paypal

 



 

Livre de Bernard Raquin en vente sur Amazon.fr


Cliquez sur le lien ci-dessous :


 

 


 

Publié dans Psychologie religieuse | Laisser un commentaire